La découverte de la nécropole de Meidoun en 1818 et le premier contact avec Imhotep II, la Pharaon noir, a bouleversé le destin de l’Empire britannique. Suite à ces dialogues d’outre-tombe, Lord Carter, fondateur du Culte en 1819, deviendra le premier nécromant anglais.
Il lui faudra près de vingt-et-un ans pour réussir le pire des blasphèmes, la résurrection d’un mort. Certes l’opération n’atteignit pas le résultat escompté, Lazare n’avait plus aucune faculté intellectuelle. Mais il avait le mérite d’être le premier zombie londonien et rien que cela marquait une nouvelle ère pour l’Angleterre.
Lord Carter, sous le couvert de progrès pour l’humanité, réussit à juguler la répulsion naturelle qu’engendra son expérience. Il parvint avec l’aide de sociétés philanthropiques à faire accepter l’idée que les zombies remplaceraient les ouvriers dans les usines. Lord Carter a su faire valoir chez les industriels l’intérêt économique de ses créatures. Cela déclencha néanmoins une émeute anti-zombie en 1842, menée par Lord Wofenby. La chambre des Lords établit un compromis entre les deux adversaires.
Officiellement, le Culte n’a aucune existence légale, la nécromancie reste une branche, la moins glorieuse, de l’éthéromancie. La recherche de l’immortalité est le but premier des sorciers, le but secondaire étant de renverser la monarchie pour créer une Thanatocratie mondiale. Chaque nécromant se voit à la tête d’une horde de morts-vivants, et chacun se voit comme unique maître de l’univers. Seul Lord Carter savait que l’accroissement du pouvoir du Pharaon noir reste le véritable but du Culte.
La venue de ce dernier à Londres en 1855 fut l’événement de l’année. La passion de la haute société pour les momies atteignit son paroxysme. Mais cela déclencha l’ire des gitans de la Roue. Celle-ci parvint à assassiner Lord Carter en 1882, au faîte de sa puissance, sans que le Pharaon noir ne réagisse. La guerre que se livre le Culte et La Roue depuis a rendu les ruelles de Londres encore moins sûres.
C’est le problème majeur du Culte. Ils ont beau éliminer les Gitans qui osent les défier, les survivants deviennent plus rusés et d’autres débarquent en Angleterre, profitant de l’expérience des vétérans pour se former à cette forme de guerre urbaine. Ce conflit pousse le Culte à accroître son influence politique. Il espère ainsi utiliser les ressources du gouvernement anglais pour se débarrasser de ses ennemis.
Les nécromants ont été plus loin que le spiritisme pratiqué par des membres du Club, ils représentent ceux qui ont franchi la ligne. Mais l’infiltration des cultistes parmi l’élite leur assure de puissants appuis. Certains espèrent être présents lors du décès de la Reine Victoria, car si un nécromant parvient à la réanimer il en fera secrètement sa marionnette.
Depuis l’attentat, Sa Majesté est certainement plus en sécurité à la Cour d’Obéron, Seigneur des Fées, celui-ci n’apprécie pas du tout cette sorcellerie.