Les canonnières anglaises sont venues ouvrir les portes de la Chine lors de la célèbre guerre de l’opium. L’armée a brisé une jarre antique contenant un maléfice ancien. Dans la mystérieuse Asie, il existe des choses que les longs nez, ces blancs arrogants, n’imaginent même pas dans leurs pires cauchemars.
Le bruit des canons anglais a attiré l’attention du Dragon. Société secrète de malfaiteurs et de jeteurs de sorts, elle a saisi l’opportunité du contact. L’opium est une ressource de première main, que son trafic soit légal ou non. Les Britanniques avides n’ont vu que de juteux profits en contraignant la Chine à ce commerce. Car à Londres on a besoin de cette drogue pour maintenir le peuple en léthargie, saper ses velléités de révolte, l’endormir dans le conformisme.
Le Dragon s’est réveillé et a étiré ses griffes jusqu’en Angleterre. La diaspora chinoise lui permet d’établir des contacts à travers le monde et il lui faut ensuite peu de temps pour établir ses bases. Les agents du Dragon s’intéressent à toutes les sources de profits et s’infiltrent partout. Ils jouent de la fascination de la bonne société pour leur culture millénaire, et peuvent s’introduire là où on ne les attend pas. Leurs agents pétris de sagesse orientale déroutent les beaux esprits et piègent les plus fragiles. Dans la rue, leur art de jouer des poings et des pieds en impose aux hommes du peuple, et leur cruauté affirme leur position vis-à-vis de la pègre locale.
Habitué à pactiser avec des créatures terrifiantes, le Dragon ne craint pas la magie occidentale. Bien au contraire, la bête a l’intention de s’approprier tous les arcanes ésotériques des longs nez. Londres, avec sa forte concentration de savoir, est le lieu idéal pour commencer une prédation systématique. Le Dragon va corrompre, acheter, contraindre, éliminer toutes les factions dont il pense pouvoir extirper le moindre secret.
Il y a longtemps que l’organisation a compris que le savoir était la source de la vraie puissance. Les nouveaux concepts de l’Éthéromancie l’intéressent au plus haut point, ils synthétisent l’essentiel de la pensée occidentale en matière de sorcellerie. Le Dragon a prévu des pertes élevées dans un premier temps, n’hésitant pas à sacrifier ses membres les moins importants pour mieux étudier la magie des Fées d’Angleterre ou des Nécromants. Officiellement, tout se passe bien dans le quartier chinois, les blanchisseurs sont des gens charmants.
Le Dragon sait séduire avant de frapper. Son sens des affaires permet souvent d’éviter des conflits sanglants et nombre de ses membres respectent les valeurs de l’honneur familial. Néanmoins, il faut gagner l’estime du Dragon pour que celui-ci vous traite honorablement, le temps qu’il trouve la faille en vous.
La bête est patiente. L’ésotérisme et les mystères de l’Éther ne lui font pas peur. Le Dragon est en chasse et peu de gens savent lui échapper...