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   En 1827, pressentant que l’humanité entrait dans une nouvelle ère, le génial inventeur Charles Babbage créé la Confrérie mécanique. De cette concentration de cerveaux, l’Angleterre va tirer un avantage technologique majeur.
   Dès 1830, les premiers automatons effectuent les tâches les plus pénibles des ouvriers. Ceux-ci, dépossédés de leur travail, accueillent la nouvelle avec grogne. Mais les automatons restent coûteux et en définitive peu fiables, exigeant une importante maintenance. L’arrivée des zombies en 1840 les chasse des usines. C’est un coup dur pour la Confrérie, une véritable humiliation. Ses membres se penchent alors attentivement sur l’énergie qui anime un mort-vivant. Deux ans plus tard, ils profitent des émeutes anti-zombies pour faire leurs expériences dans le plus grand secret. Les savants finissent par découvrir les propriétés de l’Éther et posent les bases de ce qui deviendra l’ Éthéromancie.
   Leur explication rationnelle de la nécromancie permet d’apaiser les craintes sur cet art « diabolique », peut-être un peu trop. La société anglaise pense alors que la science contrôle la magie. Par conséquent, il n’est plus question de brûler un sorcier ou équivalent, puisqu’il ne s’agit pas de pratiques impies.
  Confirmés dans leur rôle prométhéen, les Confrères osent tout, jusqu’à la tragique invention du condensateur protoplasmique. Il devait prouver une fois pour toute la supériorité de la science sur la nécromancie. Son explosion en 1851 libère des dizaines d’ectoplasmes qui rôderont des années en ville. Seuls les sorciers réussiront à en débarrasser Londres, les machines des savants se révélant coûteuses et inefficaces, voire dangereuses. En dépit des soupçons de la Confrérie mécanique à l’égard du Culte, qui aurait très bien pu saboter la machine, la chambre des Lords décide d’interdire toute réunion de plus de trois savants dans un lieu public ou un atelier.
   Par conséquent, le Méchazylum est fondé dans le plus grand secret en 1852. Il porte le nom que ses membres donnent à leurs laboratoires privés. Les savants estiment que le siècle a basculé dans un nouvel obscurantisme, où la Féerie et la superstition règnent en maître. Ils ont juré de faire progresser l’humanité, contre elle-même s’il le faut. Le Méchazylum n’a pu passer inaperçu bien longtemps à cause de l’argent nécessaire aux recherches. Mais comme toutes les factions politiques de Londres espèrent tirer profit de ses travaux, personne n’a entrepris d’actions contre cette organisation.
   Le prestigieux rang de Steamlord est décerné à un savant par la Reine, si ses études contribuent à la prospérité de l’Empire. Mais il ne pourra jamais avouer qu’il a collaboré avec d’autres scientifiques, des membres de sa société secrète. C’est un subterfuge royal afin de diviser pour mieux régner, car un Steamlord peut puiser dans les caisses royales, un avantage certain dans la course au génie et aucun membre du Méchazylum n’y est insensible. Cela a contribué à renforcer le sectarisme de cette organisation, et de plus en plus de savants considèrent que la science est pour l’élite, non pour les vulgaires.